Le vrai coût du stationnement au travail et pourquoi le covoiturage le réduit directement

3 septembre 20266 minPar Magloire Pondi Simb, Founder / CEO, North American Technologies and AI solutions Inc.

Le stationnement paraît gratuit parce qu’on ne le paie presque jamais à l’usage. Pour l’employeur qui le fournit, il ne l’est pas du tout : c’est un actif coûteux à construire, à louer et à entretenir, dont le nombre de places découle directement de la façon dont les employés viennent travailler. Quand la grande majorité arrive seule en voiture, on finit par bâtir et payer une place par personne pour des véhicules souvent à moitié vides.

Une place de stationnement : bien plus qu’une ligne peinte

Le coût dépend du type. Une place en surface est peu coûteuse à bâtir, mais très gourmande en terrain : en comptant les voies d’accès, elle occupe de 25 à 35 m², soit environ 85 à 175 places par acre. Une place en stationnement structuré (en étages) coûte de l’ordre de 25 000 $ à construire. En souterrain, la facture grimpe : de 20 000 $ à 35 000 $ par place dans bien des cas, et jusqu’à 230 000 $ par place dans la région métropolitaine de Vancouver, selon une analyse de Metro Vancouver (2024).

À cela s’ajoute l’exploitation : entretien, déneigement, éclairage, assurance, réfection du revêtement. Les estimations situent le coût annualisé entre environ 600 $ par place (surface en banlieue) et plus de 4 000 $ par place (stationnement structuré au centre-ville) chaque année, pour chaque place.

Un coût que les employeurs rattachent rarement à la navette

Dans les livres, le stationnement se cache dans l’immobilier et les charges d’exploitation, pas dans un poste « mobilité ». Pourtant il est la conséquence directe des choix de déplacement du personnel : plus il y a de conducteurs seuls, plus il faut de places.

L’ampleur du gaspillage est documentée. Toujours selon Metro Vancouver, exiger environ 1,2 place par logement ajoute en moyenne 35 000 $ au revenu annuel nécessaire pour se qualifier à l’hypothèque, et les bâtiments affichent une suroffre de stationnement de 47 % (copropriétés) et 35 % (immeubles locatifs). Autrement dit, on construit et on paie beaucoup trop de places. La logique vaut pour un employeur : des places bâties, louées et entretenues pour une demande gonflée par l’autosolo.

Le maillon manquant : conduire seul

C’est ici que le lien se fait. Dans la région métropolitaine de Toronto, près de 85 % des automobilistes se rendaient au travail seuls au volant (Recensement de 2021, Statistique Canada voir notre premier article sur la dynamique des navettes du Grand Toronto). En pratique, un conducteur seul correspond à une place occupée à l’heure de pointe.

Le coût ne pèse pas que sur l’employeur. Posséder et faire rouler une voiture se chiffre en milliers de dollars par an : le calculateur des coûts d’utilisation de la CAA estime, par exemple, une Nissan Sentra 2025 en Ontario à environ 4 550 $ par an (carburant et frais d’exploitation) sans même compter le stationnement. Réduire l’autosolo allège donc les deux côtés de l’équation.

Ce que le covoiturage change, concrètement

Regrouper 2 à 4 collègues dans une même voiture réduit le nombre de véhicules à l’heure de pointe donc le nombre de places nécessaires au pic. Transformer ne serait-ce qu’une fraction des sièges vides en places partagées, c’est des dizaines de places en moins à fournir : du capital évité (de l’ordre de 25 000 $ par place en structure), de l’exploitation évitée (des centaines à des milliers de dollars par place et par an) et de l’emprise foncière libérée pour un autre usage.

C’est exactement le levier de CarpoolWork : un programme payé par l’employeur, facturé uniquement sur les participants réellement actifs, qui organise le covoiturage entre collègues. Une place de stationnement réservée aux covoitureurs devient au passage un incitatif à faible coût; elle réoriente une place qui existe déjà, au lieu d’en construire une nouvelle.

Soyons honnêtes sur les chiffres : ces économies dépendent du taux d’adoption et du fait que la réduction du stationnement soit réellement actée : places non construites, baux réduits, espace requalifié. Le covoiturage crée la marge de manœuvre ; c’est à l’employeur de la capter en ajustant son offre de stationnement.

Sources

— Magloire Pondi Simb, Founder / CEO, North American Technologies and AI solutions Inc.

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